Communiqué de presse de la Libre Pensée – Groupe James Combier de Saumur
Alors que le racisme tue et que les discours de haine se banalisent, la Libre Pensée de Saumur dénonce la demande faite aux participants du rassemblement du 30 octobre, en hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes, de retirer leurs drapeaux et signes distinctifs. Pour la Libre Pensée, combattre le racisme exige aussi de défendre les libertés associatives, syndicales et politiques.

Le 30 octobre au soir, lors du rassemblement organisé à l’appel de Monsieur le Maire de Saumur en hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes, le groupe James Combier de la Libre Pensée de Saumur était représenté par plusieurs de ses membres, accompagnés du drapeau de la Libre Pensée. Des syndicalistes et des membres de La France insoumise présents portaient également leurs drapeaux.
À tous, Monsieur le Maire de Saumur Jackie Goulet Claisse a demandé de retirer leurs « signes distinctifs », les accusant, par la présence de ces drapeaux ou de ces chasubles, « d’attiser les braises » et de « diviser » au sein d’un rassemblement qui se voulait unitaire…
Porter le drapeau de son association, de sa formation politique ou sa chasuble de syndicaliste relève de la liberté individuelle. L’interdire, c’est exercer une forme de censure !
Par ailleurs, la Libre Pensée pose la question : dans cette situation dramatique, alors que, le 23 octobre, un jeune homme de 26 ans, prénommé Pengo Bossio Wangi, a été assassiné, qu’un autre est toujours entre la vie et la mort et qu’une enfant de 12 ans a été gravement blessée, criblée de huit balles, alors que l’auteur de cet attentat raciste a clairement exprimé sa volonté de s’en prendre aux Arabes et aux Noirs, qui divise ?
Qui attise les braises ?
Oui, le racisme tue dans ce pays. Depuis des années, un climat de division, de stigmatisation raciste et de haine est sciemment entretenu dans notre pays.
Il l’est évidemment par l’extrême droite, mais aussi par les gouvernements successifs et par certains responsables politiques. Il l’est également par des médias qui s’en font les relais avec complaisance, voire avec avidité !
Rappelons qu’il y a un an, le ministre de l’Intérieur du gouvernement Macron lançait, lors d’un meeting : « À bas le voile ! »
Rappelons qu’en 2023, le président de la République lui-même déclarait : « Le problème de l’hôpital en France, c’est qu’il y a trop de Mamadou ! »
Rappelons également que, reprenant à son compte le discours de la préférence nationale si cher au Rassemblement national, ce même gouvernement a récemment supprimé les APL aux étudiants étrangers et augmenté leurs droits d’inscription à l’université.
Rappelons aussi l’ignoble loi Asile et Immigration de 2018, qui porte atteinte au droit d’asile, sans oublier la loi dite « Séparatisme » de 2021, dont la Libre Pensée exige toujours l’abrogation.
Cette loi, en plus de porter une grave atteinte à la liberté associative garantie par la loi de 1901, instaure une suspicion abjecte à l’égard de toute une partie de la population de ce pays, désignée comme bouc émissaire ou comme ennemie de l’intérieur. Une logique qui rappelle une période particulièrement sombre de notre histoire. Et tout cela en raison de sa couleur de peau ou de sa religion supposée.
Rappelons également les conditions scandaleuses de rétention des demandeurs d’asile !
N’oublions pas non plus le silence complice, voire la complicité active, qui entoure le génocide en Palestine !
À ces fabricants de haine, les libres penseuses et libres penseurs, ainsi que les milliers de citoyennes et de citoyens qui, comme hier soir, ont commencé à se rassembler partout dans le pays, répondent :
Nous ne vous laisserons pas diviser le peuple de ce pays !