Le mouvement de grève aux urgences du CHU d’Angers se poursuit. Ce mardi 3 février 2026, la direction de l’établissement a organisé une nouvelle rencontre avec les grévistes, en présence des syndicats FO et SUD. Une réunion qui n’a fait qu’accentuer la colère du personnel hospitalier.
Devant une vingtaine de soignants, la direction a présenté un protocole identique à celui déjà rejeté la semaine précédente. Aucun compromis n’a été proposé. Pire encore, elle a annoncé la fermeture dès le lendemain des dix lits ouverts en post-urgence, présentés jusqu’ici comme une mesure temporaire de désengorgement.
Face à ce qu’ils qualifient de « mascarade », les soignants ont quitté la réunion, dénonçant un profond sentiment de mépris. Une modification du protocole a néanmoins retenu l’attention : un passage consacré à l’amélioration de l’accueil des patients, notamment via la distribution de collations prêtes à l’emploi. Une réponse jugée provocante par les équipes, alors que certains patients attendent plusieurs heures, parfois de nuit et dans le froid, dans des couloirs de passage.
La suppression annoncée des lits post-urgence inquiète particulièrement les soignants, qui redoutent une aggravation de la saturation du service. Selon eux, cette décision aura des conséquences directes sur la prise en charge des patients en attente d’hospitalisation.
La direction a par ailleurs affirmé que les urgences angevines seraient « surdotées en effectifs » comparativement à d’autres hôpitaux. Une déclaration vécue comme un affront par les équipes, qui assurent travailler dans des conditions déjà jugées insupportables et ne réclamer, selon elles, que l’ouverture d’un poste supplémentaire d’aide-soignant.
La situation est également tendue aux urgences psychiatriques, où de nombreux arrêts maladie fragilisent l’organisation. Pour maintenir le service, neuf missions supplémentaires ont été publiées sur la plateforme Hublo entre le 2 et le 15 février, épuisant un peu plus les personnels en poste.
Les syndicats pointent enfin l’existence de 22 lits inoccupés dans l’ancien service de gériatrie, déménagé il y a quelques mois, qui pourraient selon eux être rouverts avec du personnel sous contrat. Un choix que la direction refuserait d’assumer, privilégiant une logique budgétaire au détriment des conditions de travail et de la qualité des soins.
Dans ce contexte, les grévistes ont voté la reconduction du mouvement. Ils affirment rester mobilisés pour défendre non seulement leurs conditions de travail, mais aussi la qualité de prise en charge des patients accueillis aux urgences.
