Un homme de 46 ans, sans domicile fixe, a été retrouvé mort dans des toilettes publiques à Angers (Maine-et-Loire), quelques jours avant Noël. Selon l’association Droit au Logement qui l’accompagnait, il avait contacté le Samu social deux jours auparavant afin d’obtenir une place en hébergement d’urgence. Sa demande serait restée sans réponse favorable.

Le lundi 22 décembre 2025, des agents municipaux ont découvert le corps sans vie de l’homme dans des toilettes publiques situées rue Saint-Éloi. Les sapeurs-pompiers et les forces de police, rapidement dépêchés sur place, n’ont pu que constater le décès.
Ce drame s’inscrit dans un contexte national alarmant. Entre 2017 et 2024, le nombre annuel de personnes mortes à la rue est passé de 559 à 917. Sur une période plus longue, entre 2012 et 2024, le nombre de personnes sans abri en France a explosé, passant de 143 000 à 350 000. Des chiffres qui traduisent l’échec persistant des politiques publiques en matière de logement et de protection des plus précaires.
Face à cette situation, la responsabilité de l’État est directement engagée. Le manque de places d’hébergement d’urgence, régulièrement dénoncé par les associations, demeure une réalité, malgré les alertes répétées. Le silence et l’inaction du ministre du Logement, Jeanbrun, sont pointés du doigt par de nombreux acteurs du secteur.
Mais au-delà de la responsabilité nationale, la question de l’action locale se pose également. À Angers, ce décès met en lumière une politique du laisser-faire qui interroge. La municipalité dispose de leviers pour renforcer l’accueil d’urgence, coordonner les acteurs sociaux et prévenir ce type de drame. Ne pas les activer revient à accepter que des personnes meurent faute de solutions.
Ce décès, survenu à l’approche des fêtes de fin d’année, rappelle cruellement que le droit à un hébergement digne reste, pour des milliers de personnes, un droit théorique.