Le ver est dans le fruit. Et il grossit. Au sein des Écologistes, la contestation n’est plus un murmure mais une fracture désormais visible au grand jour. Plus de 400 parlementaires, élus et cadres du mouvement ont récemment signé une tribune dénonçant la ligne nationale du parti et son choix stratégique d’un rapprochement prioritaire avec le Parti socialiste, au détriment de l’unité issue du Nouveau Front populaire et de la coopération avec La France insoumise.

Un texte sans ambiguïté : « Aux élections municipales de mars prochain, la direction nationale du parti Les Écologistes a essentiellement privilégié l’alliance avec le Parti socialiste, faisant ainsi des Écologistes la béquille d’une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire. Alors que l’écolo-bashing s’intensifie, la ligne électorale des Écologistes est devenue illisible en votant, au même moment, les motions de censure au Parlement à l’opposé du Parti socialiste. »
« Nous, signataires, n’acceptons pas que l’écologie se dissolve à nouveau dans la social-démocratie. Le rassemblement de la gauche et des écologistes doit se construire et se renforcer sur la base unitaire issue du programme du Nouveau Front populaire et de sa dynamique, ce qui inclut évidemment de travailler avec l’ensemble de la gauche » écrivent-ils.
Et la fronde se transforme déjà en actes.
À Nantes, un adjoint écologiste a quitté sa majorité pour rejoindre une liste insoumise.
À Paris, des conseillers EELV ont fait le choix de soutenir la candidature de Sophia Chikirou.
À Montpellier, l’élue Julia Mignacca a claqué la porte, dénonçant un parti devenu, selon elle, l’appoint local et national du Parti socialiste. Une rupture politique assumée : « On tourne le dos à la posture de trait d’union du Nouveau Front populaire pour choisir un partenaire avec lequel nous avons des désaccords majeurs », explique-t-elle, ajoutant que le programme de La France insoumise correspond à 90 % à ses convictions.
Partout, le même reproche revient : une écologie institutionnalisée, arrimée à une gauche sociale-libérale, et de plus en plus éloignée des dynamiques populaires et unitaires.
Dès lors, une question s’impose aussi à Angers.
Les Écologistes angevins continueront-ils à s’inscrire dans une alliance locale avec un Parti socialiste perçu par beaucoup comme néolibéral, au risque d’accentuer le malaise militant ? Ou rejoindront-ils, à leur tour, ce mouvement de clarification politique qui traverse aujourd’hui tout le camp écologiste ?
Car au fond, l’enjeu dépasse les stratégies municipales : il s’agit de savoir si l’écologie politique entend peser dans une transformation sociale ambitieuse ou se contenter d’accompagner une social-démocratie en perte de souffle.
Et la tempête, visiblement, ne fait que commencer.