Pouvoir d’achat en berne, licenciements, services publics fragilisés : les urgences sociales et environnementales ne peuvent plus attendre. L’intersyndicale du Maine-et-Loire appelle à la grève et à la manifestation le jeudi 5 novembre pour défendre les salaires, l’emploi, l’industrie et l’avenir des jeunes.

« Les travailleurs et les travailleuses vivent un déclassement inédit. Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… Tout augmente, sauf les salaires et les pensions. Notre pays est au bord de la récession et les plans de licenciements se multiplient dans l’industrie, comme dans le commerce et les services.

Pourtant, dans son projet de budget, le gouvernement aggrave encore la situation en s’attaquant notamment aux personnes les plus précaires et aux malades, en gelant les prestations sociales et en réduisant le rôle protecteur de la Sécurité sociale. Il diminue également les moyens de nos services publics et gèle le salaire des fonctionnaires, pourtant en première ligne, encore cet été, pour sauver des vies et répondre aux besoins de la population face aux canicules et aux mégafeux.

Face aux défis climatiques et technologiques qui nous attendent, une politique industrielle n’est plus une option : c’est une nécessité absolue, qui fait pourtant toujours cruellement défaut.

La mobilisation des lycéen·nes et des étudiant·es est légitime. Leur colère, leurs inquiétudes et leurs revendications doivent être entendues et prises en considération. Les jeunes doivent pouvoir grandir, apprendre, se former et construire leur avenir dans des conditions dignes. Dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen, nos organisations partagent les revendications en faveur de meilleures conditions d’étude et de davantage d’égalité. Nous soutenons le droit des lycéen·nes et des étudiant·es à se mobiliser, à manifester et à se réunir pacifiquement, librement et en toute sécurité.

Le 17 octobre, plusieurs centaines de milliers de personnes se sont mobilisées partout en France pour porter des revendications en faveur de la justice sociale, du pouvoir d’achat, de la défense des services publics et de l’avenir de la jeunesse. Cette mobilisation a démontré l’ampleur des inquiétudes et de la colère qui traversent aujourd’hui le pays.

Les revendications exprimées depuis plusieurs semaines par les salarié·es du public et du privé, les retraité·es, les étudiant·es et les lycéen·nes demeurent largement sans réponse. Pourtant, les difficultés liées au pouvoir d’achat, la dégradation des conditions de travail et d’étude ainsi que l’affaiblissement des services publics imposent des réponses immédiates.

L’intersyndicale du Maine-et-Loire réaffirme son attachement aux libertés démocratiques et au droit fondamental de manifester. Les manifestations doivent pouvoir se dérouler dans le calme, la sécurité et le respect des personnes comme des biens. Nous appelons à poursuivre la mobilisation avec détermination et dans un esprit pacifique.

Nous demandons le plein respect du droit de manifester, de se réunir et de faire entendre collectivement ses revendications. Ces dernières semaines, de nombreux témoignages ont fait état d’entraves à l’exercice de ce droit, d’interventions disproportionnées et de violences ayant touché des manifestant·es, des militant·es syndicaux·ales et, particulièrement, des jeunes mobilisé·es.

L’intersyndicale exprime sa solidarité avec toutes celles et tous ceux qui ont subi ces violences. Elle estime qu’aucune réponse sécuritaire ne saurait se substituer aux réponses sociales, économiques et démocratiques attendues par la population. Les revendications doivent être entendues, discutées et prises en compte.

Face à l’urgence sociale, salariale, industrielle et écologique, face à la dégradation continue des services publics et face au mépris opposé aux revendications des travailleur·euses, des retraité·es et de la jeunesse, nous appelons à faire grève et à manifester le jeudi 5 novembre.

Nous demandons :

  • L’ouverture immédiate de négociations dans toutes les entreprises et dans toutes les branches afin d’augmenter les salaires et de parvenir à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

  • L’augmentation des pensions de retraite, tant pour le régime de base que pour les retraites complémentaires AGIRC-ARRCO.

  • L’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires ainsi que des mesures de revalorisation des carrières dans la fonction publique.

  • L’augmentation du SMIC et de l’ensemble des aides sociales : APL, allocations familiales, bourses étudiantes, RSA, etc.

  • Une planification environnementale et industrielle pour relocaliser et décarboner notre industrie. Nous demandons également des moyens pour lutter contre le réchauffement climatique et adapter notre société : isolation des bâtiments, végétalisation des villes et développement des transports collectifs décarbonés.

  • Le renforcement des moyens de nos services publics pour préparer l’avenir, former les jeunes, soigner et accompagner nos aînés et faire face au dérèglement climatique.

  • Des mesures de justice fiscale visant à taxer les patrimoines, les héritages et les dividendes, ainsi qu’à évaluer, conditionner et redéployer les 211 milliards d’euros d’aides publiques.

Les organisations syndicales alertent solennellement le gouvernement et le patronat.

La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut, sans attendre, répondre aux urgences sociales et environnementales. »

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