Deuxième épisode de canicule en moins d’un mois. Dans les services de soins comme dans les bureaux, pour les collègues comme pour les patients, la chaleur est devenue intenable. Les personnels tentent de pallier, comme ils le peuvent, le manque de moyens en recourant au système D.

Dans les chambres et les salles de soins, la température ressentie a avoisiné les 40 °C hier soir.
Nous constatons notamment :
- Un manque de ventilateurs dans les chambres et les salles de soins. La commande de 548 ventilateurs avait été annoncée, un nombre qui ne permet déjà pas de couvrir l’ensemble des besoins. À ce jour, il semblerait que seuls 300 appareils aient été livrés.
- L’accès à de l’eau fraîche n’est pas garanti pour l’ensemble du personnel. L’année dernière, des bouteilles d’eau étaient livrées dans les services. Ce n’est plus le cas.
- Des réfrigérateurs dysfonctionnent dans les unités de soins, voire sont en panne. Dans certains offices, ils ne sont plus opérationnels en raison des températures excessives dans des locaux non climatisés.
- La très grande majorité des fenêtres et des baies vitrées ne sont pas équipées de films occultants. Dans de nombreux services, des couvertures de survie sont utilisées comme solution de fortune.
- Les aménagements d’horaires ne sont pas systématiquement mis en place pour les postes et les services dont l’organisation le permet.
À ces conditions de travail particulièrement difficiles s’ajoute le manque de tenues professionnelles, une situation qui n’a que trop duré. Les tenues jetables fournies pour tenter de pallier ces insuffisances rendent le travail encore plus pénible en période de fortes chaleurs.
Un groupe de travail a été mis en place. Mais lorsque la canicule est là, toutes ses limites apparaissent : les mesures déployées sont très loin de répondre aux besoins. L’hôpital ne peut pas s’arrêter, mais les personnels doivent être protégés.
Les coupes budgétaires dans les hôpitaux, amplifiées par le gouvernement Macron-Lecornu, empêchent pourtant l’acquisition d’équipements essentiels. De l’argent, il y en a : 12 milliards d’euros sont prévus pour la construction d’un porte-avions, soit quatre fois le déficit cumulé des hôpitaux, auxquels s’ajoute une rallonge de 36 milliards d’euros pour l’armement. Tout est donc affaire de choix politiques.
Face à cette situation, FO dépose un droit d’alerte pour l’ensemble du CHU et demande :
- La livraison immédiate de bouteilles d’eau dans les services ;
- L’augmentation du nombre de ventilateurs et leur déploiement rapide ;
- La mise en place de climatiseurs dans toutes les unités ;
- Le remplacement de l’ensemble des réfrigérateurs défectueux ;
- L’aménagement des horaires de travail partout où cela est possible ;
- Le recrutement d’« agents canicule », comme cela se faisait par le passé.
Les personnels et les patients ne peuvent être laissés sans protection face à des épisodes de chaleur qui se multiplient et dont l’intensité est connue et prévisible.