Il fallait la Loire, aux Ponts-de-Cé, pour qu’Édouard Philippe vienne nous parler de « véritable politique de sécurité climatique ». Le décor est bucolique. Le discours, lui, se veut alarmiste.

Après un été 2026 présenté comme l’entrée de la France « dans une nouvelle ère », le candidat Horizons promet un « fonds unique d’adaptation au changement climatique » de 2 milliards d’euros par an, un « Canadair français », une « journée nationale d’alerte » et trois grands plans consacrés à la baignade, aux infrastructures et à la montagne.
Des annonces spectaculaires. Mais pour l’essentiel, encore des annonces.
Car Édouard Philippe connaît déjà la musique. En 2017, devenu Premier ministre, il promettait d’« embrasser avec enthousiasme » le défi de la transition écologique et fixait le cap de la neutralité carbone en 2050. Il annonçait la fin des nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures, le renforcement du principe pollueur-payeur et la disparition des « passoires thermiques » en dix ans.
Neuf ans plus tard, le vocabulaire a changé. La transition est devenue adaptation, l’urgence est devenue sécurité climatique et les promesses d’hier sont devenues les annonces d’aujourd’hui.
Reste une question embarrassante pour celui qui fut à Matignon : qu’est-il réellement advenu des engagements pris en 2017 ?
Édouard Philippe accuse la gauche radicale de « mystification » lorsqu’elle relie le changement climatique au capitalisme. Soit. Mais avant de dénoncer les mystifications des autres, il faudrait peut-être regarder celles que produisent les gouvernements lorsqu’ils transforment les grandes déclarations écologiques en objectifs sans lendemain.
La France n’a pas besoin d’un nouveau catalogue de promesses climatiques. Elle a besoin de savoir pourquoi tant de promesses anciennes n’ont pas produit les résultats annoncés.
Au bord de la Loire, le candidat promet donc de préparer la France au climat de demain. Mais la question politique est beaucoup plus simple : que reste-t-il de ses engagements d’hier ?