Une nouvelle vitrine du centre-ville d’Angers disparaît dans une relative indifférence. Après neuf années d’activité boulevard Foch, le magasin Bouchara a définitivement fermé ses portes hier, laissant derrière lui des salariés inquiets et un local commercial de 1 600 m² désormais convoité.

Placée en redressement judiciaire depuis le 30 janvier, l’enseigne de décoration n’aura pas été sauvée à Angers. Sur les 52 magasins du groupe, seuls 25 ont été repris par la société hongkongaise AA Investments. Le magasin angevin, lui, a été abandonné.
En interne, beaucoup dénoncent des erreurs stratégiques accumulées depuis des années. Une déléguée syndicale de Bouchara Brest résume sèchement la situation :
« Ils n’ont jamais réussi à faire un vrai site internet performant pour la vente en ligne. »
Pendant que le commerce traditionnel souffre, les grandes enseignes continuent pourtant de se réorganiser au détriment des centres-villes. Après la disparition des Galeries Lafayette transformées en BHV SHEIN, c’est une nouvelle enseigne emblématique qui s’efface du paysage angevin.
Et déjà, un autre sujet crispe les commerçants : plusieurs candidats seraient intéressés par le site laissé vacant, notamment Lidl. Une perspective qui provoque la colère des commerces de bouche du centre-ville, déjà fragilisés par l’installation récente d’Intermarché boulevard Foch.
« Trop, c’est trop », lâche un commerçant alimentaire de la rue Bressigny, excédé par la multiplication des grandes surfaces en plein cœur d’Angers. Beaucoup dénoncent une politique commerciale incohérente qui fragilise les indépendants, les marchés et la vie de quartier.
Le maire d’Angers aurait émis un avis défavorable à l’arrivée de Lidl. Mais cette position fait réagir : comment s’opposer aujourd’hui à une nouvelle implantation après avoir laissé s’installer Intermarché au 42 boulevard Foch ?
Pour de nombreux commerçants, le mal est déjà fait. À force de privilégier les grandes enseignes et les logiques de rentabilité immédiate, le centre-ville perd peu à peu son identité commerciale. Un sujet qui pourrait rapidement devenir explosif pour la nouvelle équipe municipale récemment élue.