Les soignants des urgences adultes du CHU d’Angers sont entrés en grève le 19 janvier pour défendre les conditions d’accueil des patients et leurs conditions de travail. Ils revendiquaient l’obtention de lits d’aval et le renfort d’un poste d’aide-soignant 24h/24.

Depuis des mois, le personnel des urgences est sous pression : manque de lits d’aval notamment dans la filière psychiatrique suite aux fermetures incessantes de lits, patients qui attendent des jours dans les couloirs des urgences, incapacité du CHU à faire face aux pics épidémiques… Ce manque de lits est la conséquence d’une politique budgétaire visant à réduire les lits ouverts 7 jours sur 7 au profit de lits dit d’ambulatoire depuis des années.
Le 19 janvier, suite à des conditions de travail insupportables et à plusieurs événements dramatiques pour les patients, nos collègues sont entrés en grève.
Devant une Direction qui a trop longtemps refusé de répondre aux revendications, les grévistes se sont adressés au Président du Conseil de Surveillance. Ils ont appelé la population à manifester le 14 février. 500 personnes ont répondu présentes et ont marché vers la Préfecture avec les soignants.
La grève et la détermination de nos collègues des urgences ont permis des avancées concrètes.
Celles-ci sont inscrites dans un protocole signé ce jeudi 23 avril par les syndicats FO et SUD. Ce protocole prévoit plusieurs mesures regroupées dans un plan intitulé «hôpital en tension» :
– La création de 3 équivalents temps plein aides-soignants, dédiés à la prise en charge des patients relevant de la psychiatrie aux urgences. Ce renfort est affecté sur un pool et sera déclenché dès que 8 patients seront en attente d’un lit d’hospitalisation.
– La création de renforts d’un poste infirmier et d’un poste aide-soignant, déployées de décembre à mars via le pool de remplacement. Ces renforts seront activés dès qu’un certain niveau du plan sera déclenché.
– Le renfort systématique des équipes de nuit en cas de forte tension.
– La direction s’engage à étudier la possibilité d’ouvrir une unité de tension hospitalière dédiée aux patients des urgences. Cet engagement ne ferme donc plus la porte à l’ouverture de lits.
La grève est suspendue, une nouvelle rencontre de suivi se tiendra en octobre. Les équipes des urgences et nos organisations syndicales tireront le bilan des premiers mois de mise en place de ses mesures. Nos collègues seront très attentifs. Ils n’excluent pas de se réunir à nouveau et prendre toutes les décisions qui s’imposeront.
Si ces mesures du plan « Hôpital en tension » vont permettre d’apporter des moyens humains supplémentaires, la question de la réouverture des lits nécessaires aux besoins de santé de la population reste le sujet central.
La loi de financement de la sécurité sociale du gouvernement Macron-Lecornu ainsi que les annonces qu’il a faites cette semaine de 2 milliards de gel dans les dépenses de la sécurité sociale, au profit de l’économie de guerre où des milliards sont injectés pour l’armement, indiquent la volonté de poursuite de l’austérité dans les hôpitaux.