Selon une information du Courrier de l’Ouest, six salariés grévistes de RTE comparaîtront le 15 juillet prochain devant le tribunal correctionnel d’Angers. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à la coupure d’électricité qui avait plongé une partie de l’agglomération angevine dans le noir le 2 juin 2022.

Ce jour-là, vers 10 h 20, une panne d’une ampleur exceptionnelle prive jusqu’à 175 000 foyers d’électricité pendant plusieurs heures, selon Enedis. Les conséquences sont immédiates : trains et tramways immobilisés, usines à l’arrêt, feux de circulation éteints, commerces plongés dans l’obscurité et personnes bloquées dans des ascenseurs.

L’incident n’est toutefois pas considéré comme une simple défaillance technique. Le procureur de la République d’Angers ouvre rapidement une enquête judiciaire, confiée à la sûreté départementale du commissariat d’Angers et à la brigade de recherches de la gendarmerie.

Les investigations des enquêteurs établissent que les six prévenus se trouvaient, au moment des faits, parmi une cinquantaine de manifestants rassemblés devant le poste de transformation de Corbière, à Saint-Barthélemy-d’Anjou. Selon l’enquête, plusieurs individus auraient pénétré dans la salle de commande et placé des disjoncteurs en mode « local », empêchant ainsi le rétablissement de l’alimentation électrique à distance.

Lors de leurs auditions, les mis en cause ont reconnu avoir participé au blocage successif de trois postes électriques, tout en contestant toute implication dans les dégradations et en niant être à l’origine de la coupure générale.

Quatre ans après les faits, cinq hommes et une femme seront jugés pour « entrave à la liberté du travail », « mise en danger de la vie d’autrui » et « dégradations ».

Leur avocat, Me Jérôme Borzakian, conteste fermement les accusations. Selon lui, ses clients ne disposaient ni des habilitations ni des compétences techniques nécessaires pour intervenir sur des installations aussi sensibles. « Ils n’ont pas mis les pieds dans la salle de contrôle car cela demande une technicité particulière. Ceux qui ont fait ça sont habilités pour le faire et mes clients ne le sont pas. C’est comme si vous demandiez à une hôtesse de l’air de prendre les commandes d’un avion », a-t-il déclaré.

De son côté, la  dénonce « un procès très politique » et « une répression antisyndicale ». Le syndicat appelle à un rassemblement de soutien devant le palais de justice d’Angers avant l’ouverture de l’audience.

Cette affaire soulève néanmoins plusieurs interrogations. Comment six salariés respectueux de leur outil de travail, auraient-ils pu provoquer une coupure d’électricité touchant près de 175 000 foyers et une grande partie de l’agglomération angevine ? Une telle opération suppose-t-elle des compétences techniques spécifiques et des accès sécurisés particuliers ? C’est précisément l’une des questions auxquelles le tribunal devra répondre lors de ce procès très attendu.

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