La chambre régionale des comptes a procédé au contrôle des comptes et de la gestion de 2019 à la période la plus récente, de la société anonyme publique locale (SAPL) Angers Loire Restauration (ALREST), connue sous le nom commercial de « Papillote et compagnie ».
Le capital social d’ALREST est détenu par 24 communes, dont Angers son principal actionnaire, toutes membres d’Angers Loire métropole. Forte de 208 salariés et dotée, depuis août 2022, d’une cuisine centrale moderne, ALREST a produit 2,3 millions de repas en 2024, dont 82 % destinés aux restaurants scolaires, 14 % aux accueils de loisirs et 4 % aux crèches (soit 115 sites desservis au total), atteignant ainsi une moyenne quotidienne de production de l’ordre de 14 000 repas.
Le pilotage de l’activité de la SAPL est adapté aux enjeux opérationnels. Cependant, la chambre recommande de fixer une ligne stratégique pluriannuelle, afin notamment d’anticiper le repli démographique des effectifs scolaires du premier degré.
Un engagement volontariste dans la transition alimentaire, mais l’approvisionnement local marque le pas
ALREST obtient des résultats très supérieurs aux objectifs de transition alimentaire de la loi Egalim, tant pour les produits répondant à des labels bio (42 % pour un objectif de 20 %), que pour les produits durables et de qualité (65 % pour un objectif de 50 %). Cependant, le taux d’approvisionnement local (dans un rayon de 150 km d’Angers) (54,5 % fin 2024) ne progresse plus depuis 2022. L’objectif de 80 %, prévu par le programme alimentaire territorial (PAT) d’Angers Loire métropole en 2030, paraît, en l’état, inatteignable.
Chaque année, selon ses estimations, ALREST évite 34 tonnes de consommation de plastiques, en relation avec la suppression de la barquette alimentaire à usage unique. Le passage à une « cuisine zéro plastique » a engendré un surcroît de consommation d’énergies pour le lavage et le ramassage des contenants, dont le coût, évalué à 0,20 € par repas, reste contenu.
Engagée de façon dynamique dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, la SAPL obtient des résultats en forte progression.
Une nouvelle tarification sociale à évaluer, une organisation du recouvrement à optimiser
ALREST a adapté l’outil de réservation des repas. La chaîne de facturation et d’encaissement est bien organisée, tandis que celle du recouvrement contentieux nécessite d’être optimisée. En parallèle, un accompagnement des situations des familles les plus en difficulté pourrait être mis en œuvre, en relation avec les services sociaux de la ville d’Angers.
Plus globalement, il convient que soit dressé conjointement avec la collectivité un bilan des objectifs portant sur la fréquentation des cantines scolaires et sur l’évolution des impayés, visés en 2023 avec la réforme de la tarification sociale des repas.
Une situation financière qui tend à se dégrader en fin de période contrôlée
Dans le contexte de développement du chiffre d’affaires, la SAPL enregistre un résultat net en baisse depuis 2021 et qui devient négatif en 2024. Face à un fonds de roulement net global (FRNG) qui se contracte et à un besoin en fonds de roulement (BFR) qui augmente, la chambre recommande d’établir un prévisionnel pluriannuel d’exploitation et un programme d’investissement de moyen-long terme.