560 veaux enfermés toute leur vie en bâtiment : voilà le projet qui pourrait voir le jour à Verrie. Pour la Confédération paysanne, ce projet incarne une nouvelle étape de l’industrialisation de l’élevage, à rebours des attentes des citoyens, des enjeux climatiques et de l’avenir du métier de paysan.

Ce projet n’est pas un cas isolé. Il illustre un modèle agricole qui se développe partout : des élevages toujours plus grands, toujours plus spécialisés et toujours plus dépendants des groupes industriels. C’est précisément ce modèle que nous refusons.

Dans la filière du veau de boucherie, les éleveurs sont le plus souvent intégrés à une entreprise qui fournit les animaux, l’alimentation, les consignes techniques et organise la commercialisation. Le paysan investit dans les bâtiments, travaille chaque jour auprès des animaux et assume les risques financiers. En revanche, il perd progressivement la maîtrise de son métier. Il devient l’exécutant d’une production décidée par d’autres.

Nous refusons cette industrialisation de l’élevage. Être paysan, ce n’est pas appliquer un cahier des charges imposé par un industriel. C’est faire des choix, produire en lien avec son territoire, vivre de son travail et conserver son autonomie.

À Verrie, les veaux seraient élevés toute leur vie en bâtiment, sur caillebotis, sans accès à l’extérieur. Cette conception de l’élevage est à l’opposé de celle que nous défendons. Les animaux ne peuvent être réduits à de simples unités de production. Le respect de leurs besoins doit rester au cœur des pratiques d’élevage.

Ce projet repose également sur un modèle d’élevage hors-sol, où les animaux sont déconnectés des terres qui les nourrissent et où les effluents doivent être stockés puis épandus à grande échelle. Nous défendons au contraire un élevage lié au sol, où les animaux, les cultures et les prairies fonctionnent ensemble. C’est cette complémentarité qui garantit l’autonomie des fermes, limite les intrants et préserve les ressources naturelles.

On nous répète qu’il faut produire toujours plus et toujours plus vite. Pourtant, le véritable défi agricole est ailleurs. Ce dont nous avons besoin, ce sont davantage de paysannes et de paysans, pas davantage de bâtiments industriels. Nous avons besoin de fermes nombreuses, créatrices d’emplois, capables de faire vivre les territoires et d’assurer un revenu digne à celles et ceux qui les font vivre.

Le dossier de Verrie dépasse largement la construction d’un bâtiment de 560 places. Il pose une question essentielle : quel modèle agricole voulons-nous soutenir ? Une agriculture pilotée par quelques groupes industriels ou une agriculture paysanne, autonome, créatrice d’emplois et ancrée dans les territoires ?

Les consommateurs demandent davantage de transparence, de qualité et de cohérence dans leur alimentation. Une viande de qualité commence par un élevage de qualité. Derrière chaque produit se trouvent des animaux, des femmes et des hommes, ainsi que des choix de société. Ce projet nous éloigne de ces attentes.

La Confédération paysanne appelle les habitant·es, les élu·es et les pouvoirs publics à refuser ce projet et, plus largement, à ne plus accompagner l’industrialisation de l’élevage. L’élevage paysan, fondé sur l’herbe, l’autonomie des fermes et une relation respectueuse entre l’éleveur et ses animaux, constitue une réponse concrète aux défis agricoles, environnementaux et sociaux.

Nous saluons la décision du conseil municipal de Saumur de s’être opposé à ce projet. Cette position montre que les collectivités peuvent choisir de défendre un autre avenir agricole.

Nous regrettons, à l’inverse, que la commune de Gennes-Val-de-Loire n’ait pas pris la même responsabilité. Les collectivités ont un rôle majeur à jouer pour soutenir une agriculture qui crée de l’emploi, préserve les ressources et permet aux paysannes et aux paysans de rester maîtres de leur métier.

La Confédération paysanne continuera de combattre l’industrialisation de l’agriculture et de défendre une agriculture paysanne, autonome, créatrice d’emplois et respectueuse des animaux comme des territoires.

Le comité départemental de la Confédération paysanne de Maine-et-Loire

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