En quelques jours, 15 services du CHU (cardiologie, neurologie, dermatologie, ASH pédiatrie, maternité, ambulances, brancardage, etc.), soutenus par le syndicat FO, se sont adressés à la directrice générale afin de demander des moyens supplémentaires, une revalorisation des salaires et l’attribution d’une prime pour tous. D’autres services devraient suivre.

Depuis la fin du mois de mai, le CHU, comme l’ensemble des établissements de santé, subit les conséquences de plusieurs épisodes de canicule : locaux mal isolés, températures dépassant les 35 °C dans les salles de soins, les bureaux et les chambres des patients, recours à des couvertures de survie pour limiter la chaleur, eau du robinet à 29 °C, réfrigérateurs qui dysfonctionnent…
Il aura fallu attendre que la situation devienne critique pour que la direction mette à disposition l’ensemble des ventilateurs et quelques climatiseurs portatifs. Quant au grand plan annoncé par la ministre, il se traduira par seulement 80 climatiseurs pour l’ensemble du CHU, qui ne sont d’ailleurs pas encore tous commandés ni livrés.
Pour répondre aux besoins de la population, un nouveau plan blanc a été déclenché, comme lors de chaque situation aiguë. Ce dispositif est devenu le mode de fonctionnement habituel des hôpitaux, qui ne sont plus en capacité de répondre aux besoins de la population en raison des fermetures de lits d’hospitalisation conventionnelle (ouverts 7 jours sur 7) au profit de lits d’ambulatoire. Cette situation s’accompagne de réorganisations menées dans l’urgence, avec le redéploiement des effectifs et des patients. Ce sont, une fois encore, les équipes qui supportent les conséquences de ces réorganisations permanentes.
Cette situation n’est pas seulement la conséquence d’un thermomètre ayant dépassé les 40 °C. Elle est avant tout le résultat de plusieurs décennies de politiques visant à réduire les dépenses de santé et à limiter les budgets alloués aux hôpitaux. Beaucoup s’interrogent d’ailleurs sur l’utilisation des 63 milliards d’euros issus de la journée de solidarité.
Alors que les pompiers sont mobilisés pour lutter contre les incendies malgré un manque criant de moyens, que les enseignants et les personnels de l’Éducation nationale ont dû organiser les épreuves du baccalauréat et du brevet dans des conditions particulièrement difficiles, que les agents territoriaux assurent la continuité des services publics, entretiennent les routes et les fossés afin de limiter les risques d’incendie, et que les hospitaliers garantissent, dans des conditions toujours plus dégradées, la permanence des soins, le gouvernement Macron/Lecornu a annoncé le gel du point d’indice pour l’année 2027 ainsi que de nouvelles coupes budgétaires.
Les remerciements ne suffisent plus. Les beaux discours ne peuvent masquer la réalité vécue dans les hôpitaux. Il manque des lits, des moyens humains et matériels, tandis que les salaires restent gelés.
Nos collègues ont raison de réclamer des moyens supplémentaires, une revalorisation des salaires et le versement d’une prime substantielle pour tous, sans distinction. Ces revendications doivent être entendues.
De l’argent, il y en a. Le gouvernement a trouvé 36 milliards d’euros supplémentaires pour les dépenses militaires ; il doit pouvoir trouver les financements nécessaires pour répondre aux besoins de l’hôpital public.