La mobilisation organisée ce mardi a rassemblé de nombreux professionnels de santé devant le siège de l’Agence régionale de santé (ARS) à Angers. L’action était soutenue par l’intersyndicale composée de SUD Santé Sociaux, de la CGT, de FO, de la CFTC et de la CFDT. Ils ont reçu le soutien de la France Insoumise et des Écologistes.

Au cœur des inquiétudes figure la fermeture annoncée, d’ici la fin de l’été, du centre médico-psychologique (CMP) de Beaupréau, conséquence directe de la pénurie de médecins psychiatres. Cette décision intervient dans un contexte déjà marqué par une dégradation progressive de l’offre de soins en psychiatrie dans le département.
Le CMP de Beaupréau assure chaque année le suivi de près de 1 500 patients. L’établissement fonctionne actuellement grâce à une équipe composée d’un psychiatre, de deux psychologues, de neuf infirmiers, d’une assistante sociale et de deux infirmières en pratique avancée (IPA). Sa fermeture suscite une vive inquiétude parmi les professionnels et les usagers.
La situation est également tendue à Cholet, où 28 lits de psychiatrie ont été supprimés entre 2023 et 2025. À ces réductions de capacités s’ajoute le départ prochain à la retraite de trois médecins psychiatres, accentuant les difficultés de prise en charge sur le territoire.
Dans ce contexte, La France insoumise affirme son soutien aux revendications portées par les soignants et les organisations syndicales. Ces dernières demandent notamment :
- L’arrêt immédiat des fermetures de services et de lits en psychiatrie ;
- La réouverture des lits d’hospitalisation supprimés, avec des effectifs qualifiés et suffisants ;
- L’attribution de moyens humains pérennes adaptés aux besoins de l’ensemble des structures de soins (hospitalisation, CMP, CATTP, hôpitaux de jour, etc.) ;
- La mise en œuvre d’un plan massif d’investissement en faveur de la psychiatrie publique, de la formation et du recrutement des professionnels nécessaires.
Face à ce qu’elle qualifie de « démantèlement de la psychiatrie publique », Élise Leboucher, députée LFI de la Sarthe et éducatrice spécialisée en pédopsychiatrie à l’EPSM d’Allonnes, a récemment interpellé le gouvernement à l’Assemblée nationale :
« Que l’on arrête de fermer des lits, il faut en rouvrir. De même, il faut en finir avec plus d’une décennie de sous-financement de la psychiatrie publique et sortir de l’enveloppe fermée. »
Pour les manifestants, l’avenir de la psychiatrie publique dans le Maine-et-Loire dépend désormais de réponses rapides et concrètes des pouvoirs publics afin de garantir un accès aux soins adapté aux besoins croissants de la population.

